Le vendredi 7 décembre l’AREC 09-31 organisait à Toulouse la visite de l’exposition Giacometti au musée « les Abattoirs » pour 25 adhérents et sympathisants de l’association.

Le cheminement d’Alberto Giacometti sculpteur, peintre et graphiste né à Borgonovo dans le val Bregaglia en Suisse le 10 octobre 1901 et mort à Coire en Suisse le 11 janvier 1966 est d’une grande singularité. Né dans une famille d’artistes, il part à Florence, Rome et dans les années 1920, il arrive à Paris chez le sculpteur Bourdelle où il suit le mouvement cubiste puis incarne le sculpteur surréaliste par excellence dans le cercle de Breton.

Paolo Monti, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Paolo Monti, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

En revanche après-guerre, il rompt avec les surréalistes et affirme son propre choix : celui de la Figuration en étudiant la philosophie de la matière, la phénoménologie, ce qu’il ressent des gens, dans la mouvance de ses amis Sartre et Simone de Beauvoir qu’il côtoie au café de Flore.
Il déclare « lorsque je me concentre sur le profil j’oublie la face lorsque je me concentre sur la face, j’oublie le profil » un visage va représenter tous les autres.

Il choisit le plâtre de préférence au bronze avec des fils et de la filasse à l’intérieur. Il dit « l’espace n’existe pas il faut le créer » ; le socle fait partie de sa sculpture et il griffonne des dessins sur les revues de Sartre et Beauvoir.

Quelques œuvres vues au fil des salles :

  • Crise cardiaque d’un documentaliste
  • Portrait de Georges Bataille
  • Son ami Henri Rol-Tanguy, un grand résistant
  • Figurines de femmes, inspirées de la statuaire égyptienne
  • Femme au chariot (1945)
  • Quelques tableaux (le cadre est une part du tableau)

Il rencontre sa femme Annette ARM en 1949, ils n’auront pas d’enfants et elle s’occupera avec soin de son œuvre, écartant les faux, pour en faire une fondation.

Il fait quelques sculptures en bronze aidé par son frère Diégo qui coule la matière. On peut citer le buste d’Eli Lotar un photographe qui sera son dernier modèle en 1965, buste qui sera posé sur sa tombe en 1966.

Le hall d’entrée contient les œuvres emblématiques de Giacometti :

  • L’homme qui marche (2m72) de 1960 qui représente un gratte-ciel, métaphore de la vie

« Le vide c’est du plein » dit-il

  • Le chat tout en longueur !
  • La grande femme (2m38) en 1960

Il utilise un pinceau très fin et les têtes sont plus petites que les corps.

Il a d’autres cordes à son arc il participe à la pièce de Becket « en attendant Godot » il crée des bijoux pour Elsa Shiaparelli

Humaniste, solitaire dans son travail c’est aussi un homme de son temps, dont la création peut être relue dans les différents contextes qui furent les siens : celui du cercle des artistes écrivains et philosophes qu’il fréquente.

Le musée des Abattoirs nous a présenté une belle exposition.

Elyane Xene